Sur le SMIC, deux conceptions s’opposent. La majorité des pays européens a déjà opté pour un SMIC national, dont les nouveaux entrants, et sont favorables à un SMIC européen. D’autres, dotés d’un syndicalisme puissant, préfèrent des salaires minima de branches négociés entre partenaires sociaux.

L’instauration d’un SMIC européen est de plus en plus d’actualité dans l’UE où, ces dernières années, l’augmentation du taux d’emploi est globalement faible avec des emplois créés précaires et mal rémunérés. Ceci a d’ailleurs entraîné l’apparition d’un salariat pauvre dans tous les pays de l’UE. Face à ce constat, un SMIC européen serait une composante importante du modèle social européen permettant de relancer la construction d’une Europe sociale. De plus, une telle mesure serait bénéfique pour lutter contre le « dumping social » auquel se livrent certains Etats membres. Même s’il faudra être vigilant pour ne pas voir les rémunérations tirées vers le bas.

Dernier élément, le SMIC ne nuit pas à l’emploi. L’exemple britannique est là pour le prouver : l’entrée en vigueur du SMIC en 1999 n’a eu aucun effet négatif sur la croissance et sur l’emploi contrairement aux craintes évoquées à l’époque.

Ce débat en cours permet donc de faire le point sur la politique salariale dans chaque Etat membre. Concernant le SMIC, on distingue 3 groupes de pays : les plus anciens membres, ceux qui ont adhéré il y a déjà quelques temps et les nouveaux entrants. On remarque immédiatement que plus les pays ont adhéré tardivement moins le SMIC est élevé. Ainsi dans les 1ers le SMIC en moyenne s’élève à 1 300 euros brut, chez les 2nds à 580 euros et à 243 euros pour les 3èmes.

Concernant les pays les plus anciens, et donc avec les SMIC les plus élevés, ce qui est symptomatique c’est que la France est bonne dernière. Notre SMIC (1 218 euros brut) est moins élevé que celui de la Belgique (1 234), de l’Irlande (1 293), du Luxembourg (1 503), des pays Bas (1 273) et … de la Grande Bretagne (1 269). On peut vraiment donner des leçons au monde entier avec de tels résultats.

Mais, hélas, ce n’est pas tout. La France est également bonne dernière en ce qui concerne le salaire médian (niveau de salaire où il y a autant de salariés touchant plus que touchant moins). Le salaire médian en France se monte à 1 680 euros brut, et

  • 2 270 en au Luxembourg soit 590 euros mensuels de plus
  • 2 005 en Grande Bretagne soit 325 de plus
  • 1 948 aux Pays Bas soit 268 de plus
  • 1 861 en Irlande soit 181 de plus
  • 1 740 en Belgique soit 60 de plus

On voit que les différences sont loin d’être négligeables.

Devant cet état de fait, à travail égal (sur la durée du temps de travail, la France se situe dans la moyenne contrairement à ce que répète la droite soit 39h hebdomadaire), la revendication d’une hausse généralisée des salaires, notamment des bas salaires est une revendication non seulement juste au plan social mais bénéfique au plan économique. Seule notre bonne vielle droite et notre patronat ne l’ont pas encore compris.

                 

Alors si les salariés hésitent encore entre le vote Sarkozy et le vote Ségolène, la lecture de ces chiffres devraient lever tous les doutes : SMIC à 1 500 euros brut immédiatement (comme au Luxembourg) et salaire médian autour de2 500 euros avant la fin de la mandature sont pour les Verts des propositions minimales et que, bien entendu, nous revendiquons. Mais la 1ère chose à faire dans l'avenir immédiat, c'est de permettre que cela soit possible et, donc, de voter Ségolène le 6 mai !!!